Sarkozy : Quand la Justice épluche ses factures de campagne

Nicolas Sarkozy n’en a pas fini avec la justice. Après l’affaire Pygmalion et les fausses factures, c’est l’analyse des comptes de l’UMP qui intéresse les juges. En effet, des dépenses suspectes ont été découvertes par les enquêteurs sous couvert d’une ligne budgétaire intitulée « présidentielle » inscrite dans le budget de l’ex-parti.

Factures de campagne de Sarkozy : Une différence de dix millions d’euros

Dans les comptes de campagne de l’ex-candidat aux présidentielles, trois millions sont mentionnés alors que les chiffres de l’UMP affichent 13.5 millions.Ces dépenses imputées au parti auraient du l’être, à priori, par l’association en charge de la gestion financière de la campagne.

C’est devant le Juge Tournaire que s’expliquent tour à tour les différents protagonistes : l’ancienne directrice des ressources de l’UMP, l’expert comptable en charge du dossier, le comptable du parti. Et les confrontations sont parfois tendues.

Disparition de factures : Des réponses floues

Bien que les réponses obtenues concernant l’origine de cette énorme différence budgétaire soient assez succinctes et floues, les juges ne baissent pas les bras et cherchent à définir comment et pourquoi les factures ont disparu. Parce qu’il s’agit bien de cela au final : elles sont inscrites au budget de l’UMP, mais pas dans les comptes de campagne rendus par l’expert comptable.

Le comptable (qui est au final le premier maillon de la chaîne) se défend de toute erreur ou malversation, mais reconnait pouvoir être responsable de la perte de certaines factures. Pourtant, il affirme que si les factures « étaient inscrites dans le certificat administratif, elles étaient forcément en photocopie dans le classeur ». Il renvoie ainsi la balle aux experts-comptables qui n’apprécient guère de voir leur intégrité mise en doute.

Mis en examen le 15 février, Nicolas Sarkozy a pour sa part évoqué de la « légèreté », de « l’incompétence » dans la gestion comptable, écartant une volonté de triche délibérée des comptes. Argument qui pourrait être recevable, mais qui ne satisfait ni les juges, ni les enquêteurs.

Une piste reste néanmoins ouverte par l’analyse des logiciels de comptabilité utilisés par l’UMP et le cabinet d’expertise. En effet, selon l’expert informatique, il serait alors « possible et probable » qu’une modification, ou des suppressions aient pu être réalisées d’un fichier à l’autre. Si l’on pourrait entrevoir un début d’explication à tout cela, à savoir éviter que les comptes de campagne n’explosent budgétairement, on se demande toutefois dans quel mesure les dirigeants de l’ex UMP auraient pu être au courant, et s’ils auraient pu cautionner une telle action.

Quant à l’avenir de la candidature de Nicolas Sarkozy aux primaires de son parti Les Républicains, il semble que rien ne soit certain. L’ex-président de la République ne bénéficie pas d’une cote de popularité excellente et son retour sur le devant de la scène est compromis à plusieurs chefs. D’une part ses adversaires sont nombreux au sein du parti, mais les ennuis judiciaires répétés ne confortent en rien la confiance de l’électorat.

Source du visuel : lexpress.fr

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