Sarkozy renforce sa position pour une identité nationale française

Alors que le PS a tenu un meeting pour fustiger la Droite, Nicolas Sarkozy a renoué quant à lui avec la rhétorique de campagne lors d’un premier grand discours de campagne – qui n’en est toujours pas une puisqu’il n’est pas candidat. Un discours résolument placé sous le signe identitaire et le patriotisme.

Les valeurs françaises comme fer-de-lance de Sarkozy

Ce 8 juin près de Lille, devant près de 1000 personnes, le Président des Républicains s’est lancé dans un véritable plaidoyer sur la France et le fait d’être français. Dans le public, des parlementaires mais aussi des cadres du parti comme Eric Woerth, Éric Ciotti, Christian Jacob, Rachida Dati, ou encore Guillaume Larrivé. Aucune surprise de voir aussi présent François Baroin, dont le soutien au candidat est désormais officiel.

Une intervention dans la lignée de ses discours de 2006 et 2012, avec l’affirmation d’une identité nationale française. Un discours dans la lignée de ce que Sarkozy déclarait il y a peu : « Hier encore, affirmer publiquement qu’il existait une identité française était considéré comme une insupportable provocation. Aujourd’hui, la fierté de la France est un drapeau ». Le patriotisme et l’identité sont plus que jamais au centre des préoccupations du presque candidat, qui reste derrière son rival Alain Juppé pour les primaires.

Un discours de Nicolas Sarkozy sans détour et sans tabou

Pour Sarkozy, il n’y a pas de honte à dire et évoquer les problèmes en les nommant, quitte à s’exposer à la critique selon laquelle il marche sur les platebandes du Front National. Ainsi, il faut, selon lui, « nommer les choses sans détour. Nommer le réel. Dire que la France est un pays d’empreinte et de tradition chrétiennes ». Être Français, c’est « un privilège ». La France est « pays chrétien dans sa culture et dans ses mœurs, un pays ouvert, accueillant, tolérant », « un pays que doivent respecter ceux qui veulent y vivre ».

« Dans les années qui viennent, la France restera-t-elle la France ? C’est cela le premier défi. Le plus grand. Le plus fondamental. » Sarkozy a compris que les questions de l’immigration et de l’intégration sont des thèmes qui tiennent à cœur des français, c’est ainsi qu’il fustige le communautarisme et ce qu’il implique : « Pourquoi, dans une société multiculturelle, tout le monde aurait-il le droit de cultiver sa différence, tout le monde sauf la majorité, tout le monde sauf le peuple français qui commettrait un crime contre l’altérité en voulant demeurer lui-même ? »

Selon Sarkozy l’ordre et l’État doivent reprendre leur place

Pour Nicolas Sarkozy, il est indispensable que l’État reprenne sa place et puisse mettre en place sans aucune gêne ses pouvoirs régaliens de maintien de l’ordre et de sécurité. Il fustige ce qu’il appelle la « la tyrannie des minorités », c’est-à-dire ceux qui, bien qu’en minorité, imposent les événements à la majorité, voir même à l’État. Les minorités, Nicolas Sarkozy va les nommer : « Une poignée de lycéens qui bloquent un lycée, de zadistes qui bloquent la construction d’un aéroport, de gens du voyage qui bloquent une autoroute, de casseurs qui bloquent une raffinerie, d’islamistes radicaux qui prennent en otage un quartier. »

Pour répondre au maire de Tourcoing, Gérald Damanon qui avait fait parvenir à tous les candidats à la primaire Républicaine un plaidoyer pour un islam français, Nicolas Sarkozy a évoqué la nécessité de remettre les choses à plat, en précisant : « nous devons urgemment fixer les règles d’un nouvel islam de France ».

Sans aucun doute, ce discours marque un tournant et une accélération de la campagne de l’ex-Président de la République. Ce qui ne manque pas de faire grincer des dents du côté de ses rivaux républicains qui dénoncent la double casquette de Sarkozy, en même temps Président du parti, position inconciliable qui nécessiterait « une clarification » selon le juppéiste Jean-Pierre Rafarin. Une position partagée par les fillonistes et les lemairistes aussi.

Visuel via 20minutes.fr

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